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J’accuse… !
Même si certains aimeraient occulter la réalité, et même s'il est parfois difficile de parler aujourd'hui d'un sujet devenu tabou, il nous paraît nécessaire de clarifier publiquement la situation autour d'un dossier brûlant : le traitement à Fos-sur-Mer des déchets de Marseille.
Notre but n'est pas de prendre parti pour ou contre l'incinération, mais de dénoncer les manœuvres politiciennes qui ont pris le pas sur le seul sujet important : la santé des habitants, et la réalité des pollutions.
Aujourd'hui, vos élus locaux prétendent qu'ils sont contre l'incinération, qu'ils n'ont jamais eu la possibilité de s'y opposer, et que le maire de Marseille leur impose une solution malgré eux.
Vos élus vous mentent.
Depuis au moins 1999, des élus qui revendiquent aujourd'hui leur opposition à l'incinérateur, ont à de nombreuses reprises favorisé l'implantation d'un tel projet sur la commune de Fos-sur-Mer :
- ils ont introduit l'idée d'un traitement à Fos-sur-Mer des déchets de la Communauté Urbaine de Marseille Provence Métropole (CUMPM) ;
- ils ont voté pour la réindustrialisation du secteur de Caban Sud et ont soutenu l'implantation à Fos-sur-Mer d'un vaste centre de retraitement des déchets ;
- ils ont promu le recours à l'incinération pour une partie des déchets.
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Reprenons au commencement...
1/ Bernard GRANIE et Jean-Noël GUERINI semblent avoir longtemps désiré l'implantation d'un incinérateur, dans le cadre d'un vaste plan départemental de gestion des déchets, faisant de la petite commune de Fos-sur-Mer une véritable plaque tournante des ordures.
Bernard Granié défend publiquement l'élaboration de ce projet, et tient dans un article de La Provence du 4 juin 1999 des propos sans ambiguïté : "La zone industrielle de Fos a beaucoup de place et elle est éloignée de la zone urbaine. On traite les produits bien plus dangereux. Pourquoi les ordures ne nous intéresseraient-elles pas ?" Le recours à l'incinération n'est évidemment pas exclu : "Il est plus logique d'assurer toute la chaîne, on pourrait y envisager toute sorte de valorisation, le compost, la lyophilisation, le recyclage... L'incinération ne sera envisagée qu'en seul et dernier recours. A Fos, nous avons la capacité de le faire."
Pour Bernard Granié, alors maire de Fos, le traitement chez lui des déchets marseillais est une opportunité de développement économique et industriel, et l'incinération en est un moyen nécessaire et non stigmatisé : "Une diabolisation puérile ne mènerait rien."
2/ Jean-Noël GUERINI, dans la foulée, présente en 2000 un projet départemental de gestion des déchets qui fait explicitement référence à la circulaire Voynet du 28 avril 1998. Cette circulaire, relative à la mise en œuvre et à l'évolution des plans départementaux d'élimination des déchets ménagers et assimilés, indique que les stockages de déchets se poursuivront à l'avenir, mais ne devront plus admettre de déchets bruts, c'est-à-dire n'ayant pas subi un tri sélectif ou un traitement préalable permettant d'en extraire la part valorisante sous forme de matière ou d'énergie. L'objectif est par ailleurs de limiter à 50 % l'incinération des déchets.
Le projet départemental s'appuie scrupuleusement sur ce chiffre : en décembre 2000, Jean-Noël Guérini propose une unité de valorisation thermique, c'est-à-dire d'incinération, pour la moitié des déchets selon un schéma particulièrement éloquent.
Dans la Marseillaise du 2 juillet 1999, Jean-Noël Guérini avait déjà déclaré : "L'incinération devra trouver sa place dans une approche multifilière". Et dans une lettre datée du 29 septembre 1999 cosignée avec le préfet de région, et adressée à Jean-Claude Gaudin, Jean-Noël Guérini faisait encore une fois référence à un objectif de 50 % de valorisation thermique des déchets.
3/ Le 22 mars 2002, Robert MAZAN (alors maire de Fos) et Bernard GRANIE (ancien maire de Fos, alors conseiller régional, et futur président du Syndicat d'Agglomération Nouvelle Ouest Provence, dit SAN) participent au vote du conseil d'administration du Port Autonome de Marseille qui, a l'unanimité, donne mandat au groupe Suez pour trouver des partenaires en vue de réindustrialiser à Fos-sur-Mer le secteur de Caban sud.
Dans la droite ligne du plan départemental de Jean-Noël Guérini et du projet de Bernard Granié de traitement à Fos-sur-Mer des déchets marseillais, c'est évidemment à cet emplacement qu'est aujourd'hui prévue l'implantation de l'incinérateur, source d'énergie à destination des futures industries qui s'y installeront. Est-ce seulement une coïncidence ?
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Pendant ce temps, à Marseille...
4/ Le maire de Marseille, Jean-Claude GAUDIN, est également président de la Communauté Urbaine de Marseille Provence Métropole, dite CUM ou MPM. Il sait que la situation de la décharge à ciel ouvert d'Entressen ne peut plus durer. Lorsque Jean-Noël Guérini lui présente son projet de gestion des déchets et veut transformer le syndicat d'étude qu'il préside en syndicat de réalisation, Jean-Claude Gaudin refuse : le maire veut installer à Marseille même l'incinérateur chargé d'éliminer les déchets non recyclables de MPM.
5/ Mais l'appel d'offre lancé par la ville s'avère infructeux : une seule société y répond, ce qui est insuffisant et nécessite un nouvel appel d'offre. De plus, à Marseille, le projet se heurte à l'opposition d'une partie de la population. Face à une opinion hostile à Marseille et à une porte de sortie soutenue à Fos-sur-Mer par les élus locaux, le site fosséen finit par s'imposer.
MPM y trouve une solution pour ses déchets, tandis que dans les coulisses les élus de Ouest Provence calculent déjà les retombées économiques du projet et la taxe professionnelle générée.
Une ombre au tableau de Jean-Noël Guérini et de Bernard Granié : le président de MPM, pour éviter de laisser à ses adversaires le bénéfice de cette réalisation, conserve la main sur le projet.
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Elections et illusions...
6/ C'est évidemment à l'occasion d'échéances électorales que les demi-tours sont les plus efficaces : en 2001, Robert Mazan avait débordé Bernard Granié et réussi à lui ravir la mairie de Fos-sur-Mer. Contestées puis invalidées, de nouvelles élections municipales sont organisées en 2002, où Bernard Granié fait subitement campagne contre le projet de MPM.
Le thème est porteur, il récupère la mairie, qu'il cède rapidement à son second René RAIMONDI, tandis que lui se consacre à la présidence du SAN et à ses autres mandats.
7/ Jean-Noël GUERINI refuse de laisser la main au maire de Marseille. Un premier plan départemental d'élimination des déchets (qui comportait deux incinérateurs) ayant été invalidé par le tribunal administratif, il prend lui aussi un virage à 180° et tente de présenter un nouveau plan départemental mais cette fois sans incinération. Une vaste campagne de dénonciation de l'incinération est lancée conjointement par Jean-Noël Guérini, Bernard Granié et René Raimondi.
Après avoir défendu pendant des années l'option de l'incinération, les élus fosséens changent d'avis pour des raisons politiques, dans le but de déstabiliser le maire de Marseille. La bataille de l'opinion est engagée.
Jean Reynaud (membre du collectif Danger incinération déchets, et qui avait à l'époque attaqué le plan départemental devant le tribunal administratif) conforte cette thèse en apportant son témoignage dans un récent article paru dans Le Ravi : « [...] le SMIDEP, syndicat créé par le Conseil général, envisageait à l’époque de créer un incinérateur à Fos-sur-Mer. Cependant, les positions évoluent : le refus de Jean-Claude Gaudin de participer au SMIDEP pour garder la maîtrise de son incinérateur amène les socialistes à prendre une position différente. Jean-Noël Guérini, le président du Conseil général, affiche, au printemps 2003, son credo anti-incinération ».
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Aujourd'hui, des questions sont toujours en suspens :
● Les habitants de Fos trouvent-ils normal que leurs élus aient manœuvré pour faire venir à Fos-sur-Mer le traitement des ordures de Marseille ?
● Les élus fosséens peuvent-ils aujourd'hui prétendre ignorer que ce projet incluait un incinérateur ? Si tel est le cas, pourquoi ont-ils jugé nécessaire à l'époque de défendre publiquement l'incinération ?
● En donnant mandat à Suez le 22 mars 2002, Bernard Granié et Robert Mazan pouvaient-ils ignorer qu'ils votaient indirectement pour l'incinérateur ?
● René Raimondi, fidèle second de Bernard Granié toutes ces années, pouvait-il ignorer ces manœuvres ?
● Pourquoi René Raimondi, qui prétend être contre le principe même de l'incinération, a-t-il accordé (Conseil municipal du 26 mai 2004, ici, ici, ici et encore là) au complexe de retraitement (qui comporte un incinérateur) de la Merex, installé à Fos, une autorisation d'extension de son activité, à propos de laquelle il garde un silence curieusement éloquent ?
● Si l'incinération moderne est dangereuse, pourquoi Noël Mamère, élu Vert, député-maire de Bègles, a-t-il préféré installer sur sa commune un incinérateur de 250 000 tonnes, plutôt que de recourir à l'enfouissement préconisé chez nous par Jean-Noël Guérini ?
● Pourquoi René Raimondi ne nous parle-t-il que du projet d'incinérateur, et jamais des principales sources de pollutions actuelles à Fos-sur-Mer ?
● Les élus fosséens n'ont-ils pas politiquement intérêt à donner l'impression que Marseille leur impose sa décision, afin de garder l'appui d'une population à laquelle ils imposent d'accueillir le traitement des ordures de MPM ?
● Et en réalité, les élus fosséens ne sont-ils pas largement responsables de cette situation ? Cette situation aurait-elle été possible sans leurs actions et leurs prises de positions passées ?
● Quel est le montant de la taxe professionnelle que vont toucher les communes du SAN Ouest Provence grâce à ce projet ?
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Marseille vaut-elle un mensonge ?
Aujourd'hui, deux projets de gestion des déchets s'opposent :
1/ le projet MPM porté par Jean-Claude Gaudin, qui comporte un objectif de 50 % de tri, recyclage, compostage, méthanisation, et 50 % d'incinération ;
2/ le projet du Conseil général porté par Jean-Noël Guérini, qui fait le choix du tri, recyclage, compostage, méthanisation, et enfouissement.
Après avoir défendu l'incinération, Jean-Noël Guérini reproche désormais à Jean-Claude Gaudin de faire ce même choix. Le renversement est trop radical pour ne pas cacher quelque intérêt politicien.
De son côté, Jean-Claude Gaudin reproche à Jean-Noël Guérini de surestimer considérablement les capacités actuelles de recyclage et retraitement des déchets. De fait, le projet Guérini conduirait à saturer en 10 à 12 ans tous les centres d'enfouissement techniques du département, tout en ayant dû en plus au préalable procéder à leur extension.
Mais 10 à 12 ans, c'est largement suffisant pour Jean-Noël Guérini, qui lorgne vers la mairie de Marseille avec des élections prévues fin 2007 ou début 2008.
La question : présenter un plan départemental, même irréaliste, sans recourir à l'incinération, n'est-il pas pour Jean-Noël Guérini une manière de chercher à se présenter comme un homme politique plus audacieux que Jean-Claude Gaudin ? Après tout, les promesses n'engagent que ceux qui y croient.
Mais derrière les promesses, quels sont les projets réalistes ?
Et surtout, derrière l'instrumentalisation des dossiers, où est passé l'intérêt des citoyens ?
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Récapitulatif des positions de chacun dans le temps...
Bernard GRANIE :
Membre du parti socialiste, ancien maire de Fos-sur-Mer, président du SAN Ouest Provence. Il œuvre activement pour attirer à Fos le traitement des déchets de MPM, et défend notamment le recours à l'incinération pour une partie des déchets. Battu aux élections municipales de 2001, il fait campagne en 2002 contre le projet de Marseille et gagne la bataille de l'opinion face à Robert Mazan. Conseiller régional, il donne mandat au groupe Suez pour réindustrialiser le secteur de Caban Sud, dans le cadre d'un projet qui se révèlera comporter un incinérateur. Politicien, il ne se prononce jamais contre l'incinération en tant que telle, mais se contente de dénoncer le projet marseillais.
Robert MAZAN :
Proche du parti socialiste, ancien maire de Fos-sur-Mer. Il donne le 22 mars 2002 son feu vert au groupe Suez pour conduire la réindustrialisation à Fos du secteur de Caban Sud, dans le cadre d'un projet comprenant la production d'électricité et de vapeur via un incinérateur dont aucun élu reponsable ne pouvait ignorer l'existence puisqu'il faisait partie du plan de gestion des déchets présenté en 2000 par Jean-Noël Guérini.
Jean-Noël GUERINI :
Membre du parti socialiste, actuel président du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Il propose en 2000 un premier plan départemental de traitement des déchets incluant un à deux incinérateurs, mais que le tribunal administratif rejette en 2003 pour son insuffisante préparation et ses carences. Ce n'est qu'à partir de là que Jean-Noël Guérini change subitement son positionnement à l'égard de l'incinération et tente de présenter un deuxième projet, ce qui lui permet de s'afficher comme l'opposant naturel du maire de Marseille, porteur du projet concurrent.
René RAIMONDI :
Membre du parti socialiste, maire de Fos-sur-Mer. Fidèle second de Bernard Granié, il se veut le défenseur de la population fosséenne et prétend refuser l'incinération en tant que telle. Mais s'il dénonce l'incinérateur de MPM, il ne dit rien au sujet de l'incinérateur déjà présent à Fos et chargé de traiter des déchets industriels particulièrement dangereux venus de toute la région PACA. René Raimondi se fait remarquer pour des actions d'éclat dont ses détracteurs dénoncent le caractère fantasque, improductif ou sans valeur légale : courrier au pape, tentative pour forcer un barrage de CRS en marge d'une manifestation à Marseille, délibérations municipales caduques pour essayer d'entraver l'avancée du projet de MPM... dessinent un personnage davantage préoccupé de sa communication que de l'efficacité de son action.
Michel CAILLAT :
Membre du parti socialiste, maire d'Istres, héritier de François Bernardini. Malgré la présence de la décharge dite d'Entressen à proximité immédiate du territoire de sa commune, Michel Caillat refuse la solution de l'incinérateur fosséen, et estime la décharge "enfin entretenue selon les règles" grâce à des aménagements récents (qui pourtant, s'ils diminuent l'envolée de sacs plastiques, ne règlent en rien le problème des lixiviats et de la pollution de la nappe phréatique). Il dit défendre le principe de gestion locale des déchets, mais avoue que 75 % des déchets istréens sont envoyés dans une décharge à Lançon (la communauté de communes voisine). Et s'il refuse un incinérateur à Fos, il accepte avec les élus de Ouest Provence d'y accueillir les déchets de MPM. Le grand écart est permanent, et parfois périlleux.
Jean-Claude GAUDIN :
Maire UMP de Marseille, président de MPM. Il veut résoudre le problème des déchets ménagers de MPM, et souhaite pour cela installer un incinérateur à Marseille même. Face à un appel d'offre infructueux et à l'hostilité de sa population, il se reporte sur la proposition avancée par le maire de Fos et le président du Conseil général : installer un vaste centre de traitement des déchets avec tri, recyclage, méthanisation et incinération. Mais il se heurte à l'hostilité de Jean-Noël Guérini et des élus fosséens, qui prennent le contre-pied de leurs propres propositions et mobilisent la population autour d'eux.
Arlette FRUCTUS et le groupe UMP de Fos, Port de Bouc, Martigues, Saint Mitre et Istres :
Dès sa campagne pour les législatives en 2001-2002, la candidate UMP Arlette Fructus se positionne contre le projet d'incinérateur à Fos-sur-Mer, tout en dénonçant les manœuvres et les discours ambigus des élus fosséens socialistes. Au sein du conseil municipal de Fos, l'opposition UMP n'a de cesse de demander un état des lieux global des pollutions du site industriel de Fos-sur-Mer, plutôt que de s'en tenir aux affirmations péremptoires du maire. Surtout, les représentants UMP locaux déplorent que les élus PS fosséens veuillent faire de Fos-sur-Mer le centre de traitement des déchets de MPM : une gestion responsables des déchets implique que chaque communauté de communes prenne en charge elle-même le traitement de ses ordures, dans le cadre d'une politique globale de réduction des déchets et d'augmentation du taux de recyclage et de valorisation.
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Quelques éléments de réflexion...
Dans une lettre du 4 avril 2003, Robert Bret (élu PCF à MPM) s'adresse aux maires, élus du département et mouvements associatifs et citoyens : "l'ambition annoncée par MPM d'atteindre les 50 % de tri et de recyclage à l'horizon 2007 est d'autant plus notable qu'elle va au-delà des objectifs du Plan Départemental" de Jean-Noël Guérini. Robert Bret poursuit : "Aujourd'hui, nous continuons de poser comme une priorité absolue le recyclage des déchets. Ce n'est qu'une fois tous les efforts faits pour trier, développer la valorisation matière en amont, qu'il convient de mettre en décharge ultime ce qui ne peut être évité et aller vers un traitement industriel de valorisation énergétique par incinération de la part restante. Sachant que les autres procédés tels que la thermolyse ou même la méthanisation ne sont pas toujours opérants et au point."
Dans un autre courrier adressé le 28 avril 2004 à Bernard Granié, Robert Bret rappelle la position de son groupe politique à MPM : "nous refusons une approche figée limitant le débat au 'pour ou contre l'incinération' ".
Si René Raimondi est à ce point opposé à l'incinération, pourquoi n'a-t-il pas formulé clairement la question posée lors de la consulation locale du 15 janvier dernier ? Parce qu'il aurait dû s'expliquer sur sa position à l'égard de l'autre incinérateur fosséen, dont il ne dit rien ?
Comme se fait-il qu'un toxicologue réputé comme Jean-François Narbonne, ne soit pas davantage entendu par les élus fosséens lorsqu'il rappelle les différences fondamentales entre les anciennes usines à brûler, et la pratique moderne de l'incinération ?
Comment se fait-il que les rassurantes expertises d'Airfobep soient systématiquement détournées lors des réunions publiques tenues par des élus fosséens qui s'empressent de décréter sans les écouter que le seuil de pollution est atteint à Fos-sur-Mer ?
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J'accuse l'ancien maire de Fos-sur-Mer et premier vice-président du SAN en 2002, monsieur Robert MAZAN, d'avoir donné son feu vert au groupe Suez pour conduire la réindustrialisation à Fos-sur-Mer du secteur de Caban Sud, dans le cadre d'un vaste plan comprenant la production d'électricité et de vapeur via un incinérateur dont aucun élu responsable ne pouvait ignorer le projet, puisqu'il faisait partie du plan de gestion des déchets présenté en 2000 par Jean-Noël Guérini.
J'accuse l'actuel président du SAN Ouest Provence, ancien maire de Fos-sur-Mer, monsieur Bernard GRANIE, d'avoir voulu et favorisé le projet de traitement à Fos-sur-Mer des ordures de MPM. Je l'accuse de ne pas avoir écarté le recours à l'incinération, sans doute parce qu'il la savait incontournable pour une partie des déchets. Je l'accuse surtout d'inconstance et même de manipulation, puisqu'il tire un profit politique à se prétendre aujourd'hui opposé à ce projet qu'il a pourtant lui-même initié et contribué à mettre en œuvre.
J'accuse l'actuel maire de Fos-sur-Mer, monsieur René RAIMONDI, second et successeur à la mairie de Bernard Granié, de tenir un double discours permanent : il se pose comme un irréductible opposant à l'incinération en refusant le projet de MPM, mais favorise par ailleurs l'activité d'un autre complexe fosséen de retraitement comportant l'incinération de déchets industriels dangereux.
J'accuse l'actuel président du Conseil général, monsieur Jean-Noël GUERINI, d'avoir initié avec Bernard Granié le projet du traitement à Fos-sur-Mer des ordures de MPM, d'avoir défendu tout et son contraire sur le sujet de l'incinération, et de vouloir aujourd'hui l'implantation et l'extension de décharges à travers tout le département.
Au nom des générations futures, une gestion responsable de nos déchets exige la dépolitisation de ce dossier.
Elle exige aussi que les élus locaux assument toutes leurs responsabilités, et nous expliquent en quoi il leur a paru pertinent de faire venir à Fos-sur-Mer la gestion des déchets de la communauté de communes voisine.
Il faudra qu'ils nous expliquent pourquoi ils sont à tel point obsédés de façon sélective par l'incinérateur MPM, et jamais par l'incinérateur existant.
Il faudra qu'ils nous expliquent pourquoi ils nous parlent toujours des dangers futurs, et jamais des pollutions actuelles.
Enfin, nous réclamons un point zéro des pollutions sur le site de Fos-sur-Mer, et une information régulière et précise des populations.